mercredi 27 juillet 2022

Clair de Terre

 
Un an tout juste que mon premier roman "Clair de Terre" a été publié aux Editions Sydney Laurent.  
Peut-être l'avez vous déjà lu ? Ou pas encore ?
Peut-être l'avez vous aimé ? Ou pas ?
Pour votre été, sachez qu'il est toujours disponible sur toutes les bonnes plateformes : Amazon, Fnac, eBay, Decitre...
 
Bel été à tous !

mardi 26 juillet 2022

Pondichéry

Pondichéry a comme un goût d’école primaire, quand le maître de CM1 nous racontait, avec un brin de nostalgie, la grande aventure des colonies et comptoirs français dans le monde : Afrique du Nord, Afrique noire, Indochine... C’était beau, grand, loin, exotique, magnifiant l’œuvre civilisatrice de la France au point de nous convaincre que, décidément, nous étions le peuple élu.
 
Confortablement installés dans la voiture climatisée, de Chennai (ex Madras) nous roulons vers le sud sur la route côtière du Golfe du Bengale. Impressionnant slalom au milieu d’un intense trafique d’objets roulants en tout genre. Dehors, la chaleur étouffante fait vibrer l’air chargé d’humidité. Nous traversons les villages à vive allure dans un concert de klaxons. Pourvu qu’aucun enfant ne traverse par inadvertance ou qu’une petite moto familiale, souvent chargée de 3 ou 4 passagers non casqués ne fasse pas d’écart...
Encore 60 km en un peu plus de 2 heures indique le GPS. Impossible de tenir une moyenne dans ces conditions. Et pourquoi devrions-nous ? Nous allons à Pondichéry et le seul fait de s'y rendre est un plaisir indicible.
 
"Pondicherry" indique la grande pancarte délavée. Nous y voilà donc. Au premier abord rien de bien différent que les autres villes traversées. Qu’avions-nous imaginé ? Mais à y regarder de plus près quelques détails ne peuvent échapper à l’observateur un peu attentif : « Le Grand Café », une « Epicerie », un pont en béton de style ce ceux que nous trouvons dans nos villes de provinces, une église, un cimetière. L’œuvre civilisatrice de la France...
Nous nous dirigeons vers le front de mer et les indices deviennent plus évidents, plus émouvants aussi. Belles maisons abandonnées au départ des colons et que les jardins ont envahis au point que des arbres sortent maintenant des fenêtres, noms de rue aux consonances bien françaises sur des plaques bleues émaillées. Plus loin, un monument en hommage aux enfants morts pour la patrie lors de la première guerre mondiale. Et ces gens qui vous lancent quelques mots en Français.
En discutant avec Rao qui nous accompagne pour cette excursion, je l’emmène sur le terrain de ce qui est resté de « notre » passage. Sans que je ne le force il me répond tout de go que les anglais sont passés en servant largement tandis que les français ont aussi apporté. Gentil le Rao. Mais il oubli de rappeler que l’influence française a été bien moindre... D’ailleurs nous parlons en Anglais.
 
Ici, comme dans toute l’Inde, le choc des cultures est unique. Nous sommes en terre Tamoul où se côtoient Sikhs, Musulmans, Bouddhistes, Indouistes, Chrétiens. Et j’essaie d’imaginer les surprises et compromis qu’on dut accepter les premiers religieux européens débarqués ici pour assurer leurs « missions d’évangélisations ».
 
Entrer dans un temple est une expérience émotionnelle singulière tant elle bouscule nos repères d’occidentaux. Couleurs chamarrées des divinités peintes sur les moindres recoins, tout particulièrement Ganesh le plus sacré du panthéon hindou, petits autels disposés dans des niches dorées éclairées de bougies, quelques statuts soigneusement disposées ici et là. On y médite, prie, mange, se marie, dans les senteurs d’encens, de fleurs et de plantes aromatiques. Des prêtres et autres Brahmanes sont aussi là, parfois torses nus, décharnés et maquillés qui leur donne d’impressionnants airs d’au-delà. J’avoue avoir du mal à me laisser transporter spirituellement dans une telle agitation. Mais l’observation attentive de la dynamique qui se développe en ces lieux uniques, la profonde tolérance qui y règne, ne peut laisser indifférent.
 
 
 

dimanche 24 juillet 2022

Jaipur

Pour le voyageur occidental, le nom de « Jaipur » résonne telle une promesse. De ces villes du bout du monde, Ispahan, Samarcande ou Ouroumtsi, noms magiques inscrits dans l’imaginaire comme des cités au pouvoir d’attraction extraordinaire.
En ce milieu d’après-midi l’activité y est frénétique. Rues encombrées de véhicules en tout genre et où chacun vaque à ses occupations. On entre dans la vieille ville par de larges portes ouvrant le mur d’enceinte vers les artères principales bordées de constructions assez régulières sur 3 niveaux, toutes peintes en rose orangé. Le rez de chaussé, niveau des boutiques, se termine par un trottoir couvert donnant sur la rue. Au-dessus, les habitations ornées de moucharabiés protégeant les pièces de vie du soleil et les habitant(es) de la vue des passants. Puis les larges terrasses où il fait bon s’assoir l’été quand l'astre du jour descend sur l’horizon.
 
Comme souvent les quartiers sont organisés par spécialités : vêtements, tissus, cachemire, chaussures, tapis, quincaillerie, électronique, alimentation... Curieux de constater une fois encore l’instinct grégaire de notre espèce, sans doute aussi guidée par des contraintes matérielles des plus pratiques quand il s’agit d’optimiser les flux d’approvisionnement ou encore de mutualiser quelques moyens de production. A la fin je n’ai toujours pas compris comme chacun pouvait s’y retrouver dans une microéconomie aussi fragmentée...
 
Mais le plus intéressant est l’incroyable diversité des gens qui y habitent. Diversité ethnique, religieuse, et de castes encore omniprésentes. Croiser les regards est ici une expérience d’une rare intensité : les yeux noirs de cette femme en sari rouge, jaune et doré, ceux de cet homme aux cheveux décolorés à la longue barbe blanche, de ce vendeur d’épice en tablier, de cet enfant tout tordu mendiant sur le trottoir, de cette vieille femme enturbannée, de ce vendeur de thé massala dans ses vapeurs de coriandre...
Boudhistes, Indous, Musulmans, Sikh, Chrétiens vivent apparemment en harmonie. Les lieux cultes que l’on découvre se croisent dans la cité sans réelle logique apparente. Le chant du muézin résonne dans les effluves d’encens d’un temple bouddhiste où du mausolée d’une divinité Indou. Quand au coin de la rue les indigents mendient quelques roupies ou de la nourriture aux passants apparemment indifférents dans leurs tenues chamarrées, mais que personne ne meurt de faim car, même si les castes n’existent plus officiellement, elles segmentent la société dans des extrêmes difficiles à comprendre où chacun reste à sa place et vit, survit pour certain, selon des principes immuables apparemment acceptés par la majorité.
 
Capitale du Rajasthan, Jaipur est aussi une cité de palais de Maharajah, ceux-là-même qui ont dominé les provinces de ce pays immense jusqu’à son émancipation démocratique après la colonisation britannique.
Leur architecture est celle que l’on imagine des palais des milles et une nuit : portes immenses en ogives doubles ou triples richement ouvragées et colorées, surmontées d’élégantes coupoles - sur plusieurs niveaux fenêtre ornées de moucharabié - cours et jardins intérieurs agrémentés de fontaines - scintillantes verreries polychromes - cuivres et bronze rutilants - étroites coursives menant aux étages. Quel enchantement pour les visiteurs qui, au premier abord, ne perçoivent pas la dimension carcérale dorée de ces lieux pour les femmes et les enfants de ces rois tout-puissants. Ils y rendaient ici publiquement la justice lors de séances de palabres savamment orchestrées permettant d’assoir encore davantage leur pouvoir seigneurial. 
Probablement ni pire ni mieux que les souverains de nos châteaux, mais dans un incomparable clinquant.

 
 
 

 

vendredi 22 juillet 2022

Vers Jaipur

New Delhi : chaleureuses retrouvailles avec notre partenaire local autour d’un petit déjeuner servit. Plus de deux ans et demi que nous ne nous sommes pas vu et il était plus que temps de renouer le contact. Fraichement élu au parlement de la plus grande démocratie du monde, il doit participer à une session extraordinaire qui bouleverse l’ordre de ses priorités et nous oblige à adapter le programme. Comme toujours ici, il faut rester souple, considérer l’imprévu comme l’opportunité de nouvelles expériences, et se laisser porter par le mouvement. Mise à disposition par notre hôte d’une voiture diplomatique avec chauffeur et d’un secrétaire particulier pour deux jours d’excursions dans ce pays immense.
Alors où aller ?
On nous suggère Jaipur, capitale du Rajasthan, au Sud de Delhi, puis Akra vers l’Est, pour découvrir le fabuleux Taj Mahal. Génial mais ambitieux pour un voyage de 2 jours sur des routes plus qu’approximatives. Au corps défendant de notre partenaire nous renonçons donc au Taj Mahal pour disposer de plus de temps à Jaipur. Nous ne serons pas déçus.
 
Mais avant cela, aller marcher en ville pour commencer notre immersion dans cette culture d’une extraordinaire diversité aux antipodes de la nôtre.
Le centre-ville de Delhi est une fourmilière, parfaite illustration de la dynamique démographique du pays le plus peuplé au monde.
En cette période de mousson la chaleur étouffante saturée d’humidité liquéfie les corps. Un peu hagards, nous déambulons au hasard, juste guidé par notre curiosité. Toujours cet intérêt pour les ruelles de traverse. Entrer dans les petites boutiques, juste pour regarder, s’arrêter dans un café, croiser le regard des gens, sentir toutes ces odeurs, ressentir les vibrations de la cité et de ses habitants. Et tous ces chiens errants auxquels personne ne semble prêter attention, mais qui, omniprésents, vivent en paix avec la population. Peut-être la réincarnation d’âmes familières...
 
On dit que le plus grand danger des voyages est celui des déplacements locaux en voiture. Je (re)confirme !
Les 300 km pour rejoindre Jaipur sont une épreuve à haut risque : slalom permanent sur une autoroute qui n’en a que le nom et les péages. Comment décrire ce capharnaüm mouvant de véhicules en tout genre : camions antédiluviens, tracteurs, motos, triporteurs, vélos, charrettes à cheval et à chameaux. Sans oublier les buffles, troupeaux de moutons, chiens errants et marcheurs apparemment inconscients. A moins que ces groupes de pèlerins en route vers la rivière Ganga, affluent du Gange, tous vêtus en orange et arborant rubans et décorations chatoyantes sur d’aériennes structures de bambous, ne se sentent protégés par je ne sais quelle divinité ? Tout cela aux sons permanent des klaxons, comme s’ils généraient je ne sais quelle immunité.
Selon nos repaires d’occidentaux bien-pensant et bien propre sur eux, des dizaines de fois nous avons frôlés la mort, écrabouillés par des camions semblant hors de contrôle où des engins motorisés à contresens. Et quand la mousson s’en mêle, c’est comme si l’eau sacrée du ciel nous donnait sa bénédiction...
J’ai toujours aimé m’arrêter sur les bords de route prendre un café et regarder les gens passer. Soulager aussi ma vessie.
Ici c’est une aventure. On se gare tant bien que mal parmi des hordes camions crasseux pour s’assoir à une table à côté de chauffeurs qui le sont tout autant. Seul petit miracle, les toilettes, simples mais toujours tenues propres.
L’espresso y ressemble plus à un jus acre au goût indéfinissable qu’à un café. Le vrai truc est ici le massala tea, thé au lait et aux épices, très sucré, comme un bonbon liquide et tiède.
 
Et c'est fourbus mais bien vivants que nous rejoignons Jaipur, la ville rose, en début d’après-midi.
 
 
 
 
 

mercredi 20 juillet 2022

Revoyager...

Deux ans et demi tout juste que le Covid 19 a commencé à sévir. Et il a totalement chamboulé nos vies, rapprochant certains, en éloignant d’autres parfois déboussolés par ce qui est arrivé.Et l’on nous rabâche que « les gens n’en peuvent plus », que nous sommes « épuisés » par toutes ces nouvelles contraintes et ce stress accumulé. Ce serait mentir de dire que tout cela a été facile. Mais tout de même, n’exagérons rien, protégés par l’état providence issu des choix démocratiques de notre société.
 
Je voyais l’autre jour sur les réseaux sociaux trois dessins mettant en scène un orateur devant une petite foule. 
Sur le premier croquis l’orateur demandaient à l’assistance : qui proteste ? Et presque toutes les mains étaient levées.
Sur la deuxième, il posait la question suivante : qui propose ? Moins de la moitié des mains étaient levées.
Et sur la troisième : qui s’engage ?  Presqu’aucune main levée.
Je vous parle de cela car en effet, la vie est sans doute devenue plus compliquée. Et du coup la tentation plus grande de se laisser aller à la facilité de la seule contestation, menant à la désillusion, et du « c’était mieux avant. »
Face aux vents contraires, sans doute plus d’efforts sont nécessaires pour atteindre ses objectifs.
Un tout petit exemple pour illustrer combien voyager devient plus compliqué. J’écris cette petite rubrique bien installé dans le siège 16A du vol Air France vers New-Dehli. Les paysages défilent doucement derrière les grands hublots du superbe liner A350 flambant neuf : le Caucase, puis la Caspienne et le grand désert du Turkménistan, Samarcande, puis Delhi.
Pour prendre ce vol de rêve, au-delà d’un schéma vaccinal complet (quoi de plus normal), combien de formulaires à remplir afin, en plus d’un classique visa, d’obtenir l’autorisation de voyager vers le sous-continent Indien. Sans oublier l’incertitude finale de l’ultime test PCR la veille de partir, le bazar dans des aéroports totalement désorganisés par le manque de personnels, le port du masque pendant tout le voyage, et le long détour pour éviter de survoler Russie et Ukraine...
Oubliée la légèreté de prendre l’avion jusqu’au début des années 2000, avant que le 11 septembre 2001 ne fasse ressembler les aéroports à des quartiers de haute sécurité, puis que le Covid ne les transforme récemment en zone de quarantaine.
Faut-il pour autant y renoncer ?
 
Nous allons en Inde pour travailler, rencontrer des gens, découvrir de lieux uniques que je ne manquerai pas de partager avec vous. 
 
Je sais que nous ne serons pas déçus.

 

samedi 4 juin 2022

Quand le beau génère l'admirable !

Rouler en cabriolet à quelque chose d’exquis. Et quand il s’agit de se rendre aux jardins de Giverny en bonne compagnie, ce n’est que plus plaisant.

Le temps est de la partie. Sous un ciel bleu agrémenté de petits cumulus aux allures de moutons dispersés dans l’azur, on musarde cheveux au vent sur les routes jaunes et blanches des cartes Michelin, encore mieux quand elles sont bordées de vert, signe de pittoresque. 

Rien ne presse. Le plaisir est celui du déplacement, entre campagne verdoyantes et villages que l’on traverse doucement par le centre, histoire de ne pas manquer le café où il fera bon s’arrêter prendre un expresso et taper la causette avec le patron où la patronne d’un lieu unique de convivialité. 

Et l’on termine la journée à l’Hôtel De La Poste, établissement impeccablement tenu par un couple de gérants pour qui la valeur travail a tout son sens.

- Vous savez qu’il y a 40 ans Giverny n’était qu’un village paumé traversé par une rue sans intérêt, nous indique une femme originaire des lieux.

Charmante, dans nos âges, accompagnées de sa petite fille, elles attendent fille et maman dans la queue pour accéder aux Jardins.

-       - Ca a beaucoup changé depuis que dans les années 80, des mécènes, notamment américains, ont réhabilité les jardins et la maison de Claude Monet, ajoute-t-elle tout sourire...

C’est le week-end de l’Ascension. Il y a foule. Heureusement, Flo avait anticipé avec des billets coupe-file permettant une entrée directe.

L’accès au jardin en contre bas de la maison est un délice où se mélange un chatoiement de fleurs savamment agencées exhalant leurs fragrances de printemps. La palette multicolore semble presque irréelle tant l’harmonie est parfaite. Flo saurait nommer les essences, je ne peux qu’en apprécier le cocktail ordonné à la perfection, comme un bouquet géant dont nous serions les butineurs éphémères.

Puis l’on entre dans la maison du maître, restée intacte et décorée de centaines de toiles – des copies, mais l’effet est bien là – et d’estampes Japonaises qui ont inspiré Monet.

En contrebas on poursuit la déambulation vers l’étang entouré d’un autre jardin extraordinaire dessiné par l’artiste. Nous entrons dans une autre dimension où reflets et transparence diffractent la lumière en mille nuances à l’origine de chefs d’œuvres comme les Nymphéas. Monet a créé ici la nature idéale de ses mondes imaginaires. Cette dynamique créatrice a quelque chose de vertigineux : lesquels de ses œuvres impressionnistes ou de ses jardins sont à l’origine de l’autre ? Cela tient du génie et d’une rare puissance de travail, cercle vertueux où le beau génère l’admirable. A couper le souffle !

On ressort de la visite comme d’un monde enchanté où tout n’était que beauté et harmonie. Pourtant Monet n’était pas un marrant. Mais un travailleur acharné en quête de perfection. A-t-il au moins pris du plaisir dans sa création ? En tout cas, par son œuvre intemporelle il a parfaitement su comment en donner aux générations futures. La marque des très grands artistes.

 


 


mardi 19 avril 2022

Liberté chérie !

A écouter certains commentaires, il serait de bon ton de considérer maintenant le Rassemblement National, ex-Front National, comme un parti politique « comme les autres ». Sous le leadership de Marine Le Pen, le mouvement se serait adouci, acquérant une certaine honorabilité dans un paysage politique contesté par une opinion publique désabusée par l’effondrement des partis dit traditionnels.

Imaginer qu’au premier tour des présidentielles 2022, le parti de Jaurès pointerait à moins de 2%, et les descendants du Gaullisme à moins de 5% était inconcevable. Pourtant les français l’ont fait, plaçant Le Pen en 2ème position, Mélanchon juste derrière, puis en 4ème position, Zemmour, ce polémiste aux accents de dictateur primaire dont les thèses et l’intolérance font froid dans le dos. 

Face à lui « Marine » ferait presque office de gentille fille. (Dans mon esprit la traduction féminine de « chic type ».)

N’ayons pas la mémoire courte.

Affirmer que « la France n’est pas responsable de la rafle du Vél d’Hiv,

que la grève est un système archaïque,

que la peine de mort doit exister dans notre arsenal juridique,

qu’il faut arrêter de rembourser l’avortement,

que les syndicats sont les complices des délocalisations et de l’augmentation massive du chômage,

que la parité homme - femme est contraire à la méritocratie républicaine,

que l’antisémitisme est dû à l’implantation de l’islamisme dans notre pays,

que la France est une université de djihadistes,

que les casseurs sont évidemment des délinquants d’origine immigrée », est juste immoral.  

Faire l’éloge de Trump et Poutine, et vouloir sortir de l’Union Européenne est complètement irresponsable.

Faut-il donc se résoudre à ce second tour entre notre Président sortant et Marine Le Pen ? Ou plus exactement, faudrait-il considérer cette situation comme normale ? 

Sans aucunement contester le résultat des urnes, je ne parviens pas à m’y faire.

Ne toucherions-nous pas ici un grand paradoxe du système démocratique ?

Des gens épris de liberté qui soutiennent une candidate portant les valeurs exactement opposées à ce quoi ils aspirent...

Tout cela parce que dans notre société évidemment imparfaite, cherchant des bouc-émissaires, on en rejette la responsabilité sur celles et ceux qui dirigent le pays de cocagne dans lequel nous avons la chance inouïe de vivre. Et qu’il n’y aurait donc rien à perdre à essayer...

Mais bon sang que si. Il y a beaucoup à perdre !   

Nous avons jusqu’ici été collectivement intelligents, acceptant des compromis certes imparfaits, mais dans l’intérêt général qui a permis de faire de notre pays l’un des endroits où il fait le mieux vivre dans le monde, particulièrement bien protégés par l’état providence qui joue tout son rôle dans la période troublée que nous traversons. Rejeter « le système » au profit de populistes aux théories fumeuses faites d’intolérance et de replis sur soi n’est rien moins qu’un suicide, et je ne peux m’y résoudre. 

J’en vois qui sourit en lisant ces quelques lignes, pensant que patron d’une assez grande entreprise je ne pourrais que soutenir Emmanuel Macron. Dans le cas précis évidemment oui. Et je pense en effet que nous avons un bon Président. Mais, en esprit libre j’aurais vraiment aimé avoir le choix. Et force est de constater que pour la 3ème fois, après Le Pen – Chirac, puis Le Pen – Macron, je ne l’ai pas, et, comme beaucoup, en suis très frustré.

Et si ça avait été Mélanchon au lieu de Le Pen ?

Cette rubrique anecdotique n’aurait pas vu le jour. Car même si je ne lui aurais pas donné ma voix, il ne me semble pas du tout porter les mêmes valeurs, en tout cas ses électeurs. Nous retrouvons là une partie de la gauche traditionnelle désabusée par la déliquescence du Parti Socialiste, des gens épris de justice sociale, et une frange de protestataires antisystème. Rien à voir avec le fascisme à peine édulcoré du mouvement de Madame Le Pen.