mercredi 27 juillet 2022
Clair de Terre
mardi 26 juillet 2022
Pondichéry
dimanche 24 juillet 2022
Jaipur
vendredi 22 juillet 2022
Vers Jaipur
mercredi 20 juillet 2022
Revoyager...
samedi 4 juin 2022
Quand le beau génère l'admirable !
Rouler en cabriolet à quelque chose d’exquis. Et quand il s’agit de se rendre aux jardins de Giverny en bonne compagnie, ce n’est que plus plaisant.
Le temps est de la partie. Sous un ciel bleu agrémenté de petits cumulus aux allures de moutons dispersés dans l’azur, on musarde cheveux au vent sur les routes jaunes et blanches des cartes Michelin, encore mieux quand elles sont bordées de vert, signe de pittoresque.
Rien ne presse. Le plaisir est celui du déplacement, entre campagne verdoyantes et villages que l’on traverse doucement par le centre, histoire de ne pas manquer le café où il fera bon s’arrêter prendre un expresso et taper la causette avec le patron où la patronne d’un lieu unique de convivialité.
Et l’on termine la journée à l’Hôtel De
La Poste, établissement impeccablement tenu par un couple de gérants pour qui
la valeur travail a tout son sens.
- Vous savez qu’il y a 40 ans Giverny n’était qu’un village paumé traversé par une rue sans intérêt, nous indique une femme originaire des lieux.
Charmante, dans nos âges, accompagnées de sa petite fille, elles attendent fille et maman dans la queue pour accéder aux Jardins.
- - Ca a beaucoup changé depuis que dans les années 80, des mécènes, notamment américains, ont réhabilité les jardins et la maison de Claude Monet, ajoute-t-elle tout sourire...
C’est le week-end de l’Ascension. Il y a foule. Heureusement, Flo avait anticipé avec des billets coupe-file permettant une entrée directe.
L’accès au jardin en contre bas de la maison est un délice où se mélange un chatoiement de fleurs savamment agencées exhalant leurs fragrances de printemps. La palette multicolore semble presque irréelle tant l’harmonie est parfaite. Flo saurait nommer les essences, je ne peux qu’en apprécier le cocktail ordonné à la perfection, comme un bouquet géant dont nous serions les butineurs éphémères.
Puis l’on entre dans la maison du maître, restée intacte et décorée de centaines de toiles – des copies, mais l’effet est bien là – et d’estampes Japonaises qui ont inspiré Monet.
En contrebas on poursuit la déambulation vers l’étang entouré d’un autre jardin extraordinaire dessiné par l’artiste. Nous entrons dans une autre dimension où reflets et transparence diffractent la lumière en mille nuances à l’origine de chefs d’œuvres comme les Nymphéas. Monet a créé ici la nature idéale de ses mondes imaginaires. Cette dynamique créatrice a quelque chose de vertigineux : lesquels de ses œuvres impressionnistes ou de ses jardins sont à l’origine de l’autre ? Cela tient du génie et d’une rare puissance de travail, cercle vertueux où le beau génère l’admirable. A couper le souffle !
On ressort de la visite comme d’un
monde enchanté où tout n’était que beauté et harmonie. Pourtant Monet n’était
pas un marrant. Mais un travailleur acharné en quête de perfection. A-t-il au
moins pris du plaisir dans sa création ? En tout cas, par son œuvre intemporelle
il a parfaitement su comment en donner aux générations futures. La marque des très grands artistes.
mardi 19 avril 2022
Liberté chérie !
A écouter certains commentaires, il serait de bon ton de considérer maintenant le Rassemblement National, ex-Front National, comme un parti politique « comme les autres ». Sous le leadership de Marine Le Pen, le mouvement se serait adouci, acquérant une certaine honorabilité dans un paysage politique contesté par une opinion publique désabusée par l’effondrement des partis dit traditionnels.
Imaginer qu’au premier tour des présidentielles 2022, le parti de Jaurès pointerait à moins de 2%, et les descendants du Gaullisme à moins de 5% était inconcevable. Pourtant les français l’ont fait, plaçant Le Pen en 2ème position, Mélanchon juste derrière, puis en 4ème position, Zemmour, ce polémiste aux accents de dictateur primaire dont les thèses et l’intolérance font froid dans le dos.
Face à lui « Marine » ferait presque office de gentille fille. (Dans mon esprit la traduction féminine de « chic type ».)
N’ayons pas la mémoire courte.
Affirmer que « la France n’est pas responsable de la rafle du Vél d’Hiv,
que la grève est un système archaïque,
que la peine de mort doit exister dans notre arsenal juridique,
qu’il faut arrêter de rembourser l’avortement,
que les syndicats sont les complices des délocalisations et de l’augmentation massive du chômage,
que la parité homme - femme est contraire à la méritocratie républicaine,
que l’antisémitisme est dû à l’implantation de l’islamisme dans notre pays,
que la France est une université de djihadistes,
que les casseurs sont évidemment des délinquants d’origine immigrée », est juste immoral.
Faire l’éloge de Trump et Poutine, et vouloir sortir de l’Union Européenne est complètement irresponsable.
Faut-il donc se résoudre à ce second tour entre notre Président sortant et Marine Le Pen ? Ou plus exactement, faudrait-il considérer cette situation comme normale ?
Sans aucunement contester le résultat des urnes, je ne parviens pas à m’y faire.
Ne toucherions-nous pas ici un grand paradoxe du système démocratique ?
Des gens épris de liberté qui soutiennent une candidate portant les valeurs exactement opposées à ce quoi ils aspirent...Tout cela parce que dans notre société évidemment imparfaite, cherchant des bouc-émissaires, on en rejette la responsabilité sur celles et ceux qui dirigent le pays de cocagne dans lequel nous avons la chance inouïe de vivre. Et qu’il n’y aurait donc rien à perdre à essayer...
Mais bon sang que si. Il y a beaucoup à perdre !
Nous avons jusqu’ici été collectivement intelligents, acceptant des compromis certes imparfaits, mais dans l’intérêt général qui a permis de faire de notre pays l’un des endroits où il fait le mieux vivre dans le monde, particulièrement bien protégés par l’état providence qui joue tout son rôle dans la période troublée que nous traversons. Rejeter « le système » au profit de populistes aux théories fumeuses faites d’intolérance et de replis sur soi n’est rien moins qu’un suicide, et je ne peux m’y résoudre.
J’en vois qui sourit en lisant ces quelques lignes, pensant que patron d’une assez grande entreprise je ne pourrais que soutenir Emmanuel Macron. Dans le cas précis évidemment oui. Et je pense en effet que nous avons un bon Président. Mais, en esprit libre j’aurais vraiment aimé avoir le choix. Et force est de constater que pour la 3ème fois, après Le Pen – Chirac, puis Le Pen – Macron, je ne l’ai pas, et, comme beaucoup, en suis très frustré.
Et si ça avait été Mélanchon au lieu de Le Pen ?
Cette rubrique anecdotique n’aurait pas vu le jour. Car même si je ne lui aurais pas donné ma voix, il ne me semble pas du tout porter les mêmes valeurs, en tout cas ses électeurs. Nous retrouvons là une partie de la gauche traditionnelle désabusée par la déliquescence du Parti Socialiste, des gens épris de justice sociale, et une frange de protestataires antisystème. Rien à voir avec le fascisme à peine édulcoré du mouvement de Madame Le Pen.












