samedi 10 octobre 2026

Le magnétisme de Saint Louis

Quand on est allé à Saint-Louis du Sénégal, quelque chose reste là-bas. Une lumière, une chaleur, une manière de regarder passer le temps. Et puis cette petite voix, discrète mais tenace, qui revient vous parler de temps en temps : « Allez, reviens ! »
On peut longtemps faire semblant de ne pas l’entendre. Elle sait attendre. Il lui suffit d’une carte dépliée, d’une photo retrouvée, d’un nom prononcé pour reprendre toute sa place au point de devenir presque lancinante, telle un refrain que ne nous quitte plus. 
Alors, oui, retournons à Saint-Louis ! Pour son magnétisme, ses façades patinées, ses pirogues colorées, sa vie trépidante, son mythique Hôtel de La Poste où ont résidé les légendes de l’Aéropostale. Mais surtout retournons-y pour LA ROUTE. 
Depuis la maison, plus de cinq mille kilomètres vers le sud, vers l’Afrique, avec devant soi cette promesse de voyager dans une autre dimension, entre océan, ciel et désert. 
Notre itinéraire retrouvera le sillage de la grande ligne de l’Aéropostale. Ces noms d’escales suffisent déjà à mettre l’imagination en mouvement. Tanger, carrefour de langues et de regards ; Casablanca, vibrante et océane ; Agadir, ouverte sur le large.
Plus au sud, quand le désert s’étale les villes s’espacent. Cap Juby, aujourd’hui Tarfaya, garde le souvenir des avions et des hommes qui s’obstinaient à faire passer le courrier. Dakhla, autrefois Villa Cisneros, étire sa langue sableuse entre les bleus de l’Atlantique. Puis en arrivant à Nouadhibou, l’ancien Port-Étienne, on aborde la Mauritanie, ses rivages de pêcheurs, ses vents chargés de sable. Nouakchott viendra ensuite, avant le fleuve Sénégal et, enfin, Saint-Louis.
Sur nos motos défileront les kilomètres en même temps que ce voyage intérieur. Le regard porté vers le grand Sud, au début l’esprit encore encombré de mille choses se libérera progressivement de l’accessoire pour laisser place à la rêverie dans une longue méditation au gré du vent et de la lumière, rythmée par les arrêts, les rencontres, les silences partagés. La route à elle seule, dans son immensité et sa monotonie nous projettera dans cette parenthèse hors du temps.
La météo capricieuse, le vent qui bouscule, les volutes sahariennes brouillant les perspectives, seront notre environnement sur des distances presque sidérales pour un terrien de bocage verdoyant bordée de haies matérialisant les parcelles. Là-bas, l’horizon peut tenir des heures sans céder, dans une immensité aussi attirante qu’impressionnante.

Sauf contretemps, Didier, Bruno et moi partons donc en mode léger le 12 novembre prochain. 
Nous ne manquerons pas de partager avec vous les étapes de cette nouvelle aventure : belles surprises, contretemps, visages et paysages devant lesquels les mots hésitent et finissent par ajouter, peut-être, un supplément d’âme aux voyageurs.