A 4 jours du départ, que la maison est douce, et les habitudes prévenantes. Novembre se traverse très bien chez soi. Quelle idée d’aller chercher si loin le vent de sable, les perspectives sans horizon, et les villégiatures dont on préfère ne pas regarder sous le lit ?
Les bonnes raisons de rester ne manquent jamais. Elles ont même la supériorité raisonnable sur les raisons de partir.
Et pourtant, en faisant l’effort d’imagination propre aux rêves de voyageurs, quelque chose s’ouvre : une longue ligne descendant vers le sud entre désert et océan. Les noms d’escales réveillent cet imaginaire de l’Aéropostale qui nous accompagne depuis l’adolescence. Nous roulerons sur nos motos avec cette fascination pour l’horizon, cette disponibilité pour les imprévus, les rencontres inattendues, et cette promesse qu’au-delà du prochain cap le monde aura changé de couleur.
Tandis que les préparatifs tournent un peu en boucle pour s’assurer de ne rien oublier, l’esprit hésite encore…
Car partir, ne serait-ce que pour quelques semaines, exige de sortir de sa zone de confort. Quitter ceux qu’on aime, accepter l’incertitude, renoncer à la petite musique quotidienne qui nous rassure. Consentir à devenir un peu moins important, un peu plus disponible.
Le route de Saint-Louis nous attend, bien sûr. Mais surtout le voyage vers St Louis, cette liberté vagabonde entre Sahara et Atlantique, ces journées sans autre ambition que d’avancer.
Partir est toujours un effort. Être parti, un soulagement. Revenir, un plaisir.
Encore quatre jours à négocier intérieurement.

