lundi 1 janvier 2024

Les bonnes nouvelles de 2024

Y’a jamais de hasard. Parmi les jolis cadeaux reçus à l’occasion des fêtes, « Le livre des bonnes nouvelles ». Celui que des proches bienveillants vous offrent pour bien démarrer l’année, flux d’ondes positives de ceux qui font (bien) tourner le monde malgré un contexte parfois très lourd : guerre en Ukraine et au Proche-Orient, tensions économiques, réchauffement climatique, effrayante montée des populismes et j’en passe.

Mais pour en revenir aux vraies bonnes nouvelles, pêle-mêle, permettez-moi d’en partager quelques-unes avec vous :

     Le monde démocratique, celui dont nous avons la chance de faire parti inclut aujourd'hui plus de la moitié de la population mondiale. Ne gâchons pas cette chance en laissant prospérer les thèses les plus funestes sans réagir. Il y a quelques jours je lisais que parmi les personnalités politiques avec lesquelles les Français aimerait prendre un verre, sortaient en premier Edouard Philippe à 35% (pourquoi pas), suivi par Marine Le Pen pour 34%. Quand les promoteurs de pires thèses entrent dans la normalité. J’en ai des frissons !

-       - La faim dans le monde ne cesse de reculer. Elle est maintenant à son plus bas niveau historique.

-        - On meurt de moins en moins du cancer. Aujourd’hui près des deux tiers se soignent.

-       -  Les femmes ont enfin accès aux mêmes droits de vote que les hommes et sont de plus en plus présentent dans les parlements du monde.

-        - Grâce aux vaccins, les maladies infectieuses reculent partout dans le monde. Certaines même disparaissent comme la poliomyélite, la tuberculose, la diphtérie, la variole…

-        - De nombreuses espèces en voie d’extinctions se portent mieux : rhinocéros, tigre, baleine à bosse…

-        - 85% des bombes nucléaires construites ont été désactivées.

-        - Contrairement à ce que l’on pourrait croire - l’un des effets loupe des réseaux sociaux poussant en permanence les images spectaculaires sur nos smartphones - les catastrophes naturelles sont beaucoup moins mortelles que par le passé.

-        - Les meilleures choses de la vie sont réellement gratuites. Vous en doutez ? en premier l’amour et le bonheur de l’instant.

-       -  L’espérance de vie en bonne en santé augmente dans presque tous les pays. Plus de 72 ans en Europe.

-       -  La mortalité infantile ne cesse de diminuer.

-        - Le taux d’alphabétisation mondial augmente fortement pour atteindre près de 90%.

-        - La scolarisation des filles ne cesse de progresser. Le meilleur rempart contre l’obscurantisme et l’ignorance parfois brutale de la gent masculine.

-        - Les 3 pays les plus heureux au monde sont la Finlande, le Danemark et l’Islande. Tous Européens. « Grâce » aux français, la France, « ce paradis où les gens croient vivre en enfer » pointe en 21ème position…

-       -  La fusion nucléaire pourrait fournir une énergie propre et illimitée.

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- Le potentiel considérable de l’énergie solaire est lui-aussi quasi illimité.

-       -  On fume de moins en moins dans presque tous les pays, et la mortalité liée au tabagisme diminue. (Même si 2 fumeurs sur 3 meurent prématurément de cette addiction).

-        - L’économie mondiale reste en croissance. Sans croissance difficile d’assurer une dynamique sociale positive.

-        - Les voyages aériens n’ont jamais été aussi sûrs.

-        - L’acidité de l’atmosphère diminue.

-        - L’Europe est en tête pour le recyclage et la réduction des émissions.

-       -  90% de la population mondiale a maintenant accès à l’électricité.

-        - Le taux du suicide ne cesse de diminuer : moins 39% en 25 ans.

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Tout peut arriver en 2024. Même le meilleur. Et le plus sûr moyen de faire en sorte que les choses positives se réalisent est de choisir le camp de ceux qui les considèrent possibles et agissent en conséquence.

Du fond du cœur, très belle année à tous !

 

jeudi 7 décembre 2023

Et si nous allions au Taj Mahal ?

Le Covid est passé et nous pourrions nous dire que le business a retrouvé une certaine « normalité », faisant fi des guerres en Ukraine et au Proche Orient qui ont plongé le monde dans de nouvelles tensions telles que ma génération n’en a jamais connu. Mais là n’est pas mon propos du jour qui concerne les voyages d’affaires dont nous avions perdu l’habitude. Avantageusement remplacés, pensait-on, par les vidéo-conférences et leur extraordinaire compression de l’espace-temps. Et s’il est incontestable que cela a grandement changé certaines de nos pratiques, il reste heureusement parfois indispensable de se déplacer en personne pour aller à la rencontre de clients ou partenaires à l’autre bout du monde. Car rien n’égale la qualité d’une discussion en face à face. Plus encore quand il s’agit de travailler avec des personnes de cultures très différentes.

Au débotté me voilà donc reparti vers New-Delhi pour rendez-vous avec celui que j’appellerai Rajiv, important client et partenaire. Dix-huit heures de voyage « gate to gate », dont un long vol de jour. l’A330 d’Air-France et son équipage étaient parfaits.

Courte nuit au Shangri-La de Delhi. Nous nous retrouvons autour d’un l’excellent petit déjeuner. Heureuses retrouvailles entre amis, terme ici non galvaudé quand il est question de Rajiv. Puis séance de travail intense en passant à travers la présentation soigneusement préparée avec le patron de notre division aquaculture qui m’accompagne pour ce voyage. Seulement 8 slides aux mots choisis sur lesquels nous nous arrêtons fréquemment pour éviter toute incompréhension et tenter d’aligner les points de vue. Et tandis que nous concluons cette première séquence, Rajiv nous propose tout de go :

-        Et si nous allions au Taj Mahal ? Nous pourrions continuer à discuter dans la voiture !

Quelque peu pris au dépourvu, je me permets de commenter que ce n’est pas la porte à côté.

-        4h par la route. Et nous y allons avec mon minibus tout confort, précise-t-il en se levant sans l’ombre d’une hésitation. Nous pourrons continuer de travailler…

Nous voilà donc parti, dans un très beau van Mercedes aménagé en petit salon, vers le sud en direction d’Agra.

Rouler en Inde est une aventure à haut risque tant les obstacles imprévus sont nombreux : sur des routes approximatives, véhicules de toutes sortes, en tous sens, dans un concert de klaxon et d’appels de phares. Sans oublier les piétons inopinés, comme si, dans le flot du trafic, ils se croyaient protégés par je ne sais quel talisman… Stressant et fatiguant, encore plus quand il s’agit de rester concentrés en poursuivant l’échange professionnel aux enjeux importants.

Nous rejoignons Agra d’une traite en fin d’après-midi. Il était temps. Je suis un peu nauséeux avec une forte envie de soulager ma vessie. L’air frais nous revigore. Depuis le parking VIP, Rajiv étant aussi élu au parlement Indien, nous nous rendons à pied vers le mausolée érigé au 17ème siècle par l’empereur Moghol, Shah Jahan, en hommage à sa défunte épouse morte en couche pour son 14ème enfants. Travaux titanesques, 24h/24, réalisés en seulement 20 ans par 20 000 ouvriers et artisans.

Bordée de marchands du temple, une petite avenue nous conduit vers l’entrée sud de l’édifice. Beaucoup de visiteurs Indiens aux tenues chamarrées. Femmes en sari, Sikhs enturbannés, musulmans en djellaba, des familles de toutes générations, très peu d’occidentaux. Tous convergent vers la grande entrée, presqu’un palais aux proportions parfaites. Couleur ocre et marbre clair, ouvertures en forme d’ogive au-dessus desquelles s’élèvent une suite de coupoles blanches. Le fronton orné d’extrait de sourates du coran en incrustation de marbre noir sur blanc. Le tympan de la porte décoré de jade et autres pierres semi-précieuses. A couper le souffle.

Mais nous n’avons encore rien vu…

Avançant vers cette grande porte, le Taj Mahal se dévoile en perspective, telle la miniature d’un palais des milles et une nuit dans une boule à neige. D’ici il semble presque petit.

Franchissant le seuil on entre dans une nouvelle dimension. La ferveur de la foule est aussitôt perceptible, comme hypnotisée par le mausolée distant de plus de 500 mètres et dont l’image se reflète dans les longs bassins d’eau parfaitement alignés. Difficile de faire plus spectaculaire. De part et d’autre du Taj Mahal, en symétrie s’alignent aux points cardinaux les autres portes du site, toutes aussi majestueuses que celle que nous venons de franchir. Nous entrons littéralement dans un autre monde, sans aucun doute la volonté des concepteurs de ce lieu unique aux allures de paradis.

Portés par la foule venue visiter l’une des merveilles du monde, nous avançons vers ce qui ressemble à une grande mosquée persane de celles que l'on trouve à Ispahan ou Samarcande. Chacun s’essaye au meilleur selfie ou photo de famille comme l’un des souvenirs marquant d’une vie. Beaucoup de jeunes couples, main dans la main, femmes en tenues traditionnelles aux couleurs vives et messieurs souvent plus classiques. Des gens de tous âges. Quelques rares femmes musulmanes emprisonnées dans leurs sinistres abayas et nikabs noirs.

Nous approchons doucement du mausolée dont les proportions apparaissent maintenant monumentales. Tout de marbre blanc, l’édifice est d’une parfaite symétrie sur ses 4 faces : ouvertures en ogives sous une immense coupole dominant 4 plus petites, flanqué de 4 tours majestueuses. Juste sidérant tant les dimensions pourtant gigantesques sont parfaites et l’esthétique d’une pureté faite de sophistications et de sobriété mêlées.

Sobriété et pureté du marbre blanc.

Sophistication des formes où les courbes parfaites côtoient la rectitude des symétries.

En approchant d’avantage, maintenant écrasé par la masse de l’édifice, se révèlent une multitude de détails où la pierre taillée et polie ressemble à une dentelle minérale incrustée de marqueterie de jade, améthyste, et autres minéraux polychromes. A couper le souffle !

Nous entrons dans l’édifice comme dans une cathédrale. Au centre d’un vaste carré sous le volume de la coupole monumentale, caché derrière de fines cloisons de marbre sculptées telles des moucharabiés, les tombeaux du Shah et de sa défunte épouse à l’origine du chef d’œuvre. Impossible de ne pas s’arrêter quelques instants.

Nous ressortons sur la terrasse nord dominant la majestueuse vallée de la rivière Yamuna.

Le soleil se couche dans un ciel laiteux, halot orangé illuminant le marbre immaculé de la douceur du soir. Tel un ange, une petite fille habillée d’une tenue de fée rose traverse la place en sautillant retrouver sa maman, les bras grands ouverts, au côté d’une vielle dame au regard bienveillant. Je croise le regard de Rajiv tout sourire. Le moment est parfait. Il a parfaitement réussi « son coup ».

 

 

samedi 4 novembre 2023

Terre Promise

Depuis le sommet du Mont Nébo la vue est imprenable :

Comme un commencement du monde, au Sud la Mer Morte distille ses vapeurs salées dans le ciel brumeux.

A l’ouest, la vallée du Jourdain s’étale en grand, au creux de laquelle s’écoule la rivière mythique depuis le lac de Tibériade.

Plus loin, les montagnes d’Israël d’où l’on aperçoit Jéricho, et même, les jours de beau temps, le dôme doré de la grande mosquée de Jérusalem construite sur les ruines du temple de Salomon, haut lieu des religions monothéistes.

Selon les écritures, dans son voyage épique pour conduire les Hébreux vers la Terre Promise, après avoir traversé le désert du Sinaï et franchi la mer rouge à pied, Moïse se serait arrêté ici pour y mourir à l’âge de 120 ans.

Peut-être... Peut-être pas... Mais qu’importe, l’histoire est belle, faite d’intrigues, d’aventures, de phénomène surnaturels, de prédiction, de miracles, de haine et d’amour. Il n’en fallait pas plus pour faire converger ici des milliers de pèlerins curieux de découvrir ce panorama comme peu d’autres chargé d’autant de symboles, et ressentir éventuellement les vibrations d’une promesse de vie meilleure.

Par l’étroite route en lacets très pentue, la descente vers la vallée est impressionnante. Si ce n’est le revêtement bitumé, les premiers kilomètres n’ont probablement que très peu changés depuis 3000 ans. Et la tente de bergers plantée là autour de laquelle paissent quelques chèvres et moutons sur le sol aride a quelque chose de biblique. Seule une ligne haute tension nous ramène à notre époque avant qu’un peu plus bas nous retrouvions les sacs en plastiques voletant dans la campagne, tels les oiseaux de mauvaise augure de la vie moderne. Puis, après un contrôle de police, la route principale vers la Mer Morte.


Notre hôtel se trouve justement sur ses rives. Je pourrais dire se trouvait tant le changement climatique et la surexploitation du Jourdain en font baisser le niveau. Un mètre par an, ce qui a eu pour effet de faire reculer la berge de plusieurs centaines de mètres en deux décennies. Inexorable recul des eaux sans aucune cause surnaturelle.

S’y baigner est une expérience sensorielle inédite. L’extrême concentration en sel, 31%, dix fois plus que l’eau de nos océans, génère une flottabilité unique. On entre dans l’eau jusqu’au-dessus du nombril, et tel le bouchon d’une canne à pêche, flotte déjà dans un équilibre assez instable. En fait le mieux est de s’y assoir pour se laisser porter. Sensation d’apesanteur de celle que doive éprouver les astronautes. Ou s’y allonger comme sur un matelas liquide. Agréable impression de légèreté où l’on se sentirait (presque) capable de marcher sur l’eau... 

A moins que ce ne soit la grâce de ces lieux qui nous transporte dans une autre dimension.