jeudi 26 février 2026

Sacrée étape !

La ville toute entière s’est organisée autour d’une seule respiration. Nous pourrions être à Lhassa, La Mecque, Jérusalem, où la spiritualité ne se contente pas d’habiter l’espace, mais le structure, le modèle, le monopolise.
Partout, les hôtels portent des noms bibliques. Saint-Jacques, Sainte-Bernadette, Notre-Dame, Ange Gardien… Omniprésentes, les enseignes lumineuses des marchands du temple se succèdent comme un chapelet d’invocations proposant aux pèlerins, statues de vierges phosphorescentes, icônes de Sainte Bernadette, chapelets multicolores, fioles d’eau bénite, cierges de toutes tailles. Économie bon marché du sacré, surfant sans complexe sur la dévotion des fidèles.
Nous divaguons vers le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, cœur battant de la ville vers où convergent des croyants du monde entier : familles BCBG ou pas, groupes chantants, malades en fauteuil roulant, religieuses en habits, prêtres en soutane. Toutes les langues se croisent, peut-être aussi toutes les douleurs, mais également toutes les espérances.
Entrainés par le mouvement, nous entrons dans la cathédrale. Comme à chaque passage dans une église, nous allumons, tel un rituel qui nous relie peut-être, une petite bougie à la mémoire de ceux qui nous ont quittés.
-    Et pourquoi ne pas en allumer aussi pour les vivants ? Et pour nous ? me lance Flo, avec cette évidence pratique qui la caractérise. Elles seront peut-être aussi utiles...
Je souris tant elle a raison. 
Fortifiés par cette action (de grâce) pétrie de bon sens, nous reprenons notre déambulation vers la Grotte de Massabielle. De tous âges et tous horizons, des hommes et femmes de foi s’y recueillent avec une ferveur dont les ondes presque perceptibles ont quelque chose d’apaisant.
Portés par le flux des visiteurs, nous faisons le tour de la grotte en caressant le rocher poli par les millions de mains qui nous ont précédés, geste répété à l’infini dont la pierre se souvient et qu'elle imprime dans les mémoires.

Quittant doucement ces lieux sacrés, nous rejoignons le Gemini à pied
Nous sentons-nous meilleurs ? Peut-être simplement un peu plus reliés au monde et à ceux qui nous entoure, 
en tout cas plus déterminés que jamais à poursuivre notre quête de bonheur terrestre.

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