
Bien avant l’internet, les réseaux
sociaux et même la télé, il défrayait la chronique, faisant la une des journaux
populaires par les récits de témoignages haletants et de mauvaises photos noir
et blanc pixelisées. Et d’ailleurs, plus la photo est trouble et le récit
palpitant, plus le public en demande. Imaginez un peu, un survivant de la préhistoire,
créature monstrueuse d’une taille considérable sortie des abysses insondables
du grand Loch Ness. Brrr… de quoi tenir en haleine les foules jusqu’à nos jours,
et surtout, les attirer sur les lieux.
Et quand, effectivement attirés par la
légende, nous y arrivons, la magie opère.
Regard aimanté par la surface sombre
des eaux du grand lac, nous longeons la berge sous les giboulées donnant au paysage
une profondeur énigmatique.
Recherchant un hôtel avec vue, nous
tombons sur LE spot où je réserve aussitôt une table donnant sur le lac pour le
dîner du soir. Sait-on jamais…
Une visite au tout petit musée dédié à
Nessie nous fait très rapidement comprendre que pour les gens d’ici il n’est qu’une
légende captivant des foules ne demandant qu’à y croire. Et c’est un très bon
filon. D’ailleurs le petit musée, au demeurant parfaitement objectif sur le
côté chimérique du monstre, est quasi vide, tandis que les marchands du temple
alentour fond le plein. Bref, le vrai mystère du Loch Ness n’est autre qu’une
parfaite illustration de ce besoin d’imaginaire qui nous fait marcher, comme le
Yéti, la bête du Gévaudan et autres loups garous. Grrr… Grrr…
…
19h30 : assis devant la large baie
vitrée donnant sur le lac nous dégustons notre « soup of the day »
les yeux rivés sur les flots.
Dans le restaurant, aucune allusion à
Nessie, mais de très belles photos de John Cobb, vrai héro Britannique décédé
en 1952, lors d’une tentative de record de vitesse sur l’eau, avec un trimaran
à réaction qui s’est désintégré sur les flots du Lock Ness à presque 300 km/h.
Nessie n’y était vraiment pour rien.