dimanche 13 avril 2014

Qui c'est les plus forts ?



1-0 à la mi-temps. Le match de football Pékin-Canton tourne à l'avantage des verts de la capitale. Vraie ferveur dans les tribunes où les supporters scandent les mêmes slogans que dans tous les stades du monde : entre chants à la gloire de leur équipe favorite, clameurs enthousiastes lors des actions marquantes, huées de l'arbitre et des joueurs adverses suite aux contres défavorables. Rien que de très normal, mais tout de même amusant de voir combien, dans  ce type de circonstance où l'on s'oublie pour se laisser aller à quelques émotions « primaires », la nature humaine se ressemble quelque soit l'endroit ou la culture.
45 minutes sont passées sans même s'en apercevoir, au milieu de 50 000 spectateurs pour un simple match de championnat !
 "Le sport, l'opium du peuple ?" Pas tout à fait faux quand on voit l'enthousiasme communicatif de tous ces gens communiant dans cette arène sous haute surveillance : service d'ordre impressionnant depuis les lignes de métro d'accès au stade, triple filtrage avant l'entrée, petits soldats au garde à vous derrière d'imposants boucliers rectangles façon garnisons romaines dans Astérix. Tout cela pour la sécurité du citoyen évidemment. Sûr que le pouvoir fait ce qu'il faut pour canaliser cet élan...

L'arbitre siffle la fin de la partie sur le score de 2-0. Sans histoire pour Beijing.
Jim, mon collègue américain, est dans les superlatifs tant cela lui a apparemment plu pour son premier match de "soccer". A moins que ce ne soit cette tendance naturelle qu'ont les américains à s'enthousiasmer. Parfois agaçant mais tellement rafraichissant. Quant à notre hôte Huang, amoureux sincère du foot, il ne cache pas sa fierté de nous avoir embarqué pour cette soirée avec son équipe favorite, écharpes vertes et jaunes du club autour du cou.

Le stade se vide comme l’eau d’un siphon. Emportés par le flot humain, nous sommes projetés dans la rue encombrée de milliers de piétons tout sourire affublés de teeshirts et autres accessoires aux couleurs de leur équipe.

Nous entrons dans un Starbucks Café quand un groupe de jeunes gens visiblement surpris de notre accoutrement de supporter nous abordent tout de go dans un anglais approximatif mais spontané :
-      Where are you from ?
-      USA and France, leur répondons-nous gentiment.
-      Merci de nous avoir soutenus ce soir.
-      Le plaisir était pour nous.
Puis sans transition, un jeune garçon scande à l’assemblée :
-      Qui c’est les plus forts ?
Spontanément je lâche alors en bon français :
-      Evidemment c’est les verts ! sous un tonnerre d’applaudissement.

Trop facile, on a été conditionnés quand on étaient p’tits ;)

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